lundi 4 février 2013

Examen d’Histologie 1er EMD 2006

Examen d’Histologie 1er EMD 2006



1) La veine pulmonaire : (2pts)
- Préciser sa structure en MO.

2) L'épithélium alvéolaire : (2pts)
- Structure
- Cyto-physiologie

3) le ganglion lymphatique : (4pts)
- Donnez l'origine et la localisation des cellules libres rencontrées au niveau du ganglion lymphatique.
- Spécifier les 4 fonctions assurées par le ganglion lymphatique

4) la villosité intestinale : (4pts)
- Donner une définition et identifier ses composants histologiques en MO.
- Décrire la structure en MO a fort grossissement et donner la cyto-physiologie de l'épithélium intestinal.

5) le lobule hépatique : (4pts)
- Donner les constituants du parenchyme du lobule hépatique.
- Décrire les 2systèmes vasculaires sanguins du lobule hépatique.

6) l'appareil juxta glomérulaire de Goormaghtigh : (4pts)
- Structure.
- Rôles.

Programme d’Histologie générale


Programme d’Histologie générale

Volume horaire = 40H (Cours 30h * + 10h * TD)



I. LES TISSUS EPITHELIAUX
- Définition.
- Caractères généraux.
- Classification morphologique et physiologique.
- Renouvellement cellulaire dans les épithéliums.
- Peau et phanères et organes tactiles.

II. LES TISSUS GLANDULAIRES :
- Définition.
- Classifications morphologiques physiologiques.

III. LES TISSUS MUSCULAIRES :
- Généralités.
- La fibre musculaire squelettique.
- La fibre myocardique et le tissu cardio-necteur.
- La fibre musculaire lisse.

IV. LES TISSUS CONJONCTIFS, VARIETES DE TISSUS CONJONCTIF :
- Généralités.
- Structure.
- Variétés de tissus conjonctifs.

V. LES TISSUS CARTILAGINEUX :

VI. LES TISSUS OSSEUX :
- Structure.
- Variétés architecturales.
- Ossification.

VII. LES TISSUS. SANGUINS :
- Eléments figurés du sang.
- Hématopoïèse.

VIII. LES TISSUS NERVEUX ET NEVROGLIE :

Programme de Génétique


Programme de Génétique
(VHT 80H* Cours 60H* TP/TD 20H*)
  

I. GENETIQUE FORMELLE :
- Introduction à l'étude de la génétique
- Transmission d'un caractère (mono-hybridisme)
- Transmission de deux caractères indépendants (di-hybridisme)
- Transmission de deux caractères dépendants et estimation de distance entre de gènes
- Transmission de caractères portés par les chromosomes sexuels

II. GENETIQUE HUMAINE :
- Introduction à la génétique humaine et établissement d'un arbre généalogiques
- Les modes de transmission des caractères (ou maladies) chez l'homme (caractère ou maladie monofactorielles/monogénique)
- Notion de maladies multifactorielles et polygéniques exemple du diabète insulino-dépendant
- Notion de conseil génétique en clinique

III. GENETIQUE MOLECULAIRE :
- Base moléculaire de l'hérédité (structure de l'A.D.N et l'A.R.N)
- Organisation de l'information génétique en chromosomes et en gènes
- Anatomie générale d'un gène (exemple : le gène B globine)
- Transcription de l'information génétique de sa forme ADN en ARN)
- Traduction de l'information génétique ARN en polypeptides
- Régulation de l'expression des gènes : le modèle procaryote et notion de régulation chez les eucaryotes.
- Variations génétiques : mutation et polymorphisme

IV. CARTOGRAPHIE DES GENES HUMAINS :
- Introduction et intérêts de la cartographie des gènes humains
- Cartographie physique
- Cartographie génétique

V. CYTOGENETIQUE :
- Introduction et intérêt d'établissement d'un caryotype
- Caryotype humain normal
- Caryotype humain pathologique (quelques anomalies de nombre de chromosomes et de structure les plus fréquentes)
- Notion de génétique et cancer

VI. OUTILS DU GENIE GENETIQUE :
- Les enzymes en génie génétique (enzymes et restriction les lygases, les polymérases...)
- Les sondes moléculaires et hybridation moléculaire
- Les vecteurs
- Quelques méthodes de génie génétique appliquées en médecine (RFLP, PCR et séquençage d'ADN)
- Génie génétique et industrie.

VII. NOTION DE DIAGNOSTIC GENOTYQUE :
- Pratique et avantage de l'analyse génotypique : exemple d'analyse génotypique d'une pathologie humaine : hémoglobinopathie

VIII. NOTION DE GENETIQUE DES POPULATIONS :
- Introduction sur les populations humaines (notion de race, groupes éthique et isolat géographique
- Notion de fréquence phénotypique, génotypique et allélique
- Loi de Hardy-Weinberg, Equilibre de Hardy-Weinberg
- Facteurs affectant l'équilibre de Hardy-Weinberg

dimanche 3 février 2013

Immuno : EMD 1 - 2003 PH

1ère EMD d’Immunologie 2003
(Département de pharmacie)

I. Partie QCM

1. la molécule CD3 :
a) est une molecule portée par les lymphocytes T Helper
b) est un marqueur permettant la numération des lymphocytes T Helper
c) est un marqueur d’activation des lymphocytes T
d) est une molécule qui transmet le signal d’activation à la cellule qui la porte
e) est une molécule de membrane

2. les lymphocytes T :
a) prennent naissance au niveau du thymus
b) interviennent dans la production d’anticorps
c) portent à leur surface au repos la molécule CD25
d) expriment les molécules du CMH classe II après contact avec l’antigène spécifique
e) portent la molécule CD1 au niveau des organes lymphoïdes périphériques

3. les lymphocytes T matures :
a) quittent le thymus par la corticale
b) représentent la majorité des thymocytes
c) reconnaissent le soi avec une grande affinité
d) colonisent les OLP au niveau de zones dites T-dépendantes
e) sont des lymphocytes T CD3 alpha Béta, CD4, CD8

4. les ganglions lymphatiques :
a) sont des organes encapsulés
b) leur développement est indépendant des stimulations antigéniques
c) ils sont le siège d’une réponse immunitaire cellulaire
d) la medullaire est une zone T-dépendante ne comprenant que des lymphocytes T et des macrophages.
e) Les lymphocytes T de la paracorticale sont constitués uniquement de lymphocytes T Helper

5. les lymphocytes B :
a) prennent naissance au niveau de la bourse de Fabricius chez les oiseaux
b) proviennent d’une cellule appelée cellule souche lymphoïde
c) les lymphocytes B matures au repos portent une IgM et une IgD surface
d) L’IgM et l’IgD de surface portées par une même cellule peuvent reconnaître des antigènes différents
e) Tous les lymphocytes B subissent au niveau de la moelle osseuse une sélection négative

6. la molécule CD8 :
a) est une molécule portée par les lymphocytes T au repos
b) permet la numération d’une sous-population de lymphocytes T
c) retrouvée également sur les cellules NK
d) intervient dans la restriction de la reconnaissance des antigènes par les lymphocytes T Helper
e) elle a un ligand spécifique qui est une molécule du CMH de classe II

7. les ganglions mésentériques :
a) sont localisés dans le tube digestif
b) sont non encapsulés
c) comprennent une zone corticale et une zone medullaire
d) sont le siège de réponse immunitaires en réponse à des stimulations antigéniques
e) siègent au niveau du mésenter

8. l’hypersensibilité de type I :
a) est encore appelée HSR
b) est déclenchée après un premier contact avec l’antigène
c) met en jeu des cellules appelées monocytes
d) les médiateurs libérés au cours de la réaction sont responsables des manifestations cliniques
e) les antigènes responsables sont appelés allergènes

9. le phénomène d’ADCC :
a) fait intervenir différents types cellulaires
b) est un mécanisme effecteur de la réponse immunitaire
c) les cellules mises en jeu interviennent par contact direct
d) fait intervenir des récepteurs appelés RFcII
e) toutes les propositions son fausses

10. les médiateurs spécifiques de l’antigène :
a) sont encore appelé lymphokines
b) peuvent être des Ig de surface ou des Ig solubles encore appelées anticorps
c) le TCR est un médiateur spécifique de l’antigène produit par les lymphocytes T
d) jouent le rôle de messagers entre les différentes populations lymphocytaires
e) reconnaissent spécifiquement l’antigène


II. Répondre par vrai ou faux :
1. toutes les cellules  intervenant dans les réponses immunitaires sont d’origine hématopoïétique.
2. les cellules NK sont LGL ayant la même morphologie que les lymphocytes T et B
3. les molécules portées par les lymphocytes sont des antigènes
4. le BCR peut être considéré comme un marqueur de lignée
5. les anticorps monoclonaux sont des anticorps qui reconnaissent plusieurs déterminants antigéniques.
6. l’anticorps CD2 désigne la molécule CD2 portée par les lymphocytes T et les cellules NK
7. la molécule CD2 est encore appelée anticorps pour les globules rouges de mouton
8. la Bourse de Fabricius est un organe lympho-épithelial retrouvé chez tous les mammifères
9. le CMH est un système existant dans toutes les espèces
10. au niveau de la rate, la réponse immunitaire a lieu au niveau de la pulpez rouge
11. un haptène est un antigène immunogène
12. les molécules HLA classe II sont retrouvées à la surface de la plupart des cellules de l’organisme
13. les molécules de surface des lymphocytes peuvent être identifiées par des techniques d’immunofluorescence directe.
14. les Ig peuvent jouer le rôle de médiateurs solubles dans la réponse immunitaire
15. les cellules du système réticulo-histiocytaire sont d’origine non hématopoïétique.

Immunité anti-tumorale


Immunité anti-tumorale


I. Définition :
          C’est l’étude des phénomènes immunitaires qui se produisent chez l’hôte d’une tumeur spontanée ou provoquée expérimentalement, que ces phénomènes tendent à inhiber ou à protéger le développement de la tumeur.
Elle implique l’existence de structures antigéniques propres aux cellules malignes et absentes des cellules normales du même tissu chez un animal sain au même stade de son développement, et postule que ces antigènes provoquent une réaction immunologique efficace permettant le rejet de la tumeur comme celui d’une greffe allogénique. En conséquence, les problèmes de l’immunologie des tumeurs sont ceux posés par l’immunologie des allogreffes.

II. Antigènes des tumeurs :

1) Définition et nomenclature :
Toute structure de la cellule maligne absente des cellules saines du même tissu au même stade de développement et susceptible d’entraîner une réaction immunitaire soit chez l’hôte, soit par inoculation à un hôte étranger, peut être considérée comme antigène de tumeur.
Ces antigènes de tumeurs constituent la cible théorique de la réaction immunitaire anti-tumorale grâce à laquelle l’organisme semble se défendre.
Les antigènes de tumeurs sont désignés de façon très variable en fonction des systèmes et des espèces animales mais quelques termes généraux doivent être connus :
·       le terme de néoantigène anciennement usité doit être abandonné
·       TSA (Tumor Specific Antigen) : ce sont des antigènes rarement rencontrés et apparemment spécifiques de la cellule maligne, c’est-à-dire totalement absent des tissus normaux adultes ou embryonnaires. Quand ils sont exprimés à la surface de la cellule et qu’ils sont capable d’entraîner une réaction de rejet, on les désigne par les initiales TSTA (Tumor Specific Transplantation Antigen)
·       TAA (Tumor Associated  Antigen) : ne sont pas réellement spécifiques de la cellule maligne et peuvent se trouver dans certains cas, présents aussi sur des cellules embryonnaires ou sur des cellules infectées par certains virus oncogènes. Ils sont désignés par les initiales TATA (Tumor Associated Transplantation Antigen) quand ils sont exprimés à la surface cellulaire et impliqués dans le rejet de la dite tumeur.

2) Localisation :

a)    Les antigènes de la surface cellulaire
Cette catégorie d’antigène est importante pour le rejet des tumeurs, car ce sont les seuls accessibles aux effecteurs du rejet (Ac et/ou cellules lymphoïdes). Certains de ces antigènes sont aptes à entraîner le rejet immunologique de la tumeur qui les porte (TSTA ou TATA). Sur le plan moléculaire, les TSTA et les TATA sont des peptides, issus de protéines exprimée par la cellule tumorale, et le plus souvent présentés dans le contexte des molécules d’histocompatibilité de classe I de l’hôte. Ils sont fréquemment le produits de protéines ayant subi des mutations somatiques ; c’est le cas des premiers antigènes tumoraux identifiés en utilisant les cellules P815 de mastocytome. Ils peuvent être également le produit de gènes qui ne s’expriment pas dans les cellules normales (gènes silencieux) et qui se réactivent dans les cellules tumorales, le produit d’oncogènes activés ou encore de rétrovirus endogènes. Enfin certains antigènes tumoraux sont des protéines embryonnaires, exprimées uniquement à certains stades précoces du développement de l’embryon, lorsque le système immunitaire n’est pas totalement développé, ce qui explique l’absence de tolérance, chez l’individu adulte, vis-à-vis de ces protéines.

b)    Les antigènes intracellulaires :
Ils sont localisés dans le noyau ou le cytoplasme. Ces antigènes ne sont donc pas concernés par le rejet de la cellule maligne mais peuvent constituer des marqueurs importants de la malignité.

c)    Les antigènes solubles :
Les antigènes de la membrane comme les antigènes intracellulaires peuvent être libérés dans le milieu extérieur et constituer alors des antigènes solubles que l’on pourra retrouver dans la circulation ou dans le surnageant de culture.

3) Méthodes utilisées pour leur identification :
Etant donnée la très faible immunogénicité des cellules tumorales, la mise au point d’outils (lyT ou Ac) à la fois sensibles et spécifiques permettant d’aller identifier des Ag tumoraux a été extrêmement laborieuse. Du fait de l’importance des lyT CD8+ cytotoxiques en immunité anti-tumorale, la plupart des travaux initiaux se sont concentrés sur l’identification des peptides antigéniques présentés par les molécules du CMH de  classe I aux cellules T spécifiques isolées à partir de souris ou de patients porteurs de tumeurs.
            a) Une première approche de génétique moléculaire a utilisée la transfection de librairies d’ADN complémentaire (ADNc) de tumeurs dans des cellules qui exprimaient les molécules du CMH de classe I adéquates. Les cellules transfectées sont alors testées pour leur aptitude à stimuler des clones lymphocytaires T cytotoxiques spécifiques. On a pu ainsi identifier des gènes codant pour les Ag tumoraux reconnus par ces clones lymphocytaires T. En un deuxième temps, grâce à l’utilisation des cellules transfectées uniquement avec des fragments de gènes identifiés, il a été possible de définir les régions codant pour les peptides antigéniques. Enfin, sur la base des séquences obtenues, des peptides synthétiques ont été produits et testés pour leur capacité à sensibiliser les CPAg (portant les molécules CMH adéquates) à la lyse par les Ly Tc spécifiques.
            b) Une deuxième approche a concerné la purification biochimique par HPLC (chromatographie liquide haute résolution) des peptides naturels élués à partir des molécules d’histocompatibilité de classe I exprimés par les cellules tumorales. Les différents peptides élués ont été testés, comme précédemment, pour leur aptitude à stimuler la capacité fonctionnelle des cellules T spécifiques. Une fois identifiés, ces peptides sont séquencés, produits sous forme synthétiques et testés pour leur capacité fonctionnelle. Cette démarche est particulièrement adaptée dans le cas des protéines ayant subi des modifications pos-traductionnelles, pour lesquelles la séquence du peptide ne peut pas être déduite directement à partir de la séquence de l’ADNc
c) Enfin, une troisième méthode fondée sur l’utilisation des anticorps présents dans le sérum de patients présentant des tumeurs a été développée. Il s’agit d’établir des banques d’expression d’ADNc à partir d’ARNm isolés de tumeurs fraîches. Les banques sont ensuite criblées à l’aide de préparations d’anticorps IgG provenant des patients porteurs des mêmes tumeurs ayant servies à l’isolement des ARNm. Les protéines antigéniques tumorales ainsi identifiées par sérologie sont ensuite testées pour leur capacité à être apprêtées et présentées à des Ly T CD8+ ou CD4+ spécifiques.

4) Nature des antigènes des tumeurs :
On peut distinguer 4 grands types d’antigènes de tumeurs :

a)    Les antigènes viro-induits :
Ils sont retrouvés sur les tumeurs induites par les virus oncogènes à DNA (virus polyome, virus simien SV40, adénovirus humains, virus oncogènes de type herpès saïmiri, Marek) ou à RNA (leucémies et tumeurs hématopoïétiques diverses chez de nombreuses espèces de vertébrés - poulet, souris, chat-  Tumeurs  mammaires chez certaines espèces.).
Les antigènes correspondants aux tumeurs viroinduites sont entièrement dépendants (codés) du génome viral, et par conséquent sont identiques d’une tumeur à l’autre quand le même virus est en cause chez des animaux de la même espèce ou d’espèces différentes.

b)    Les antigènes individuels de tumeurs (chimioinduits)
Ces antigènes sont surtout connus dans des systèmes expérimentaux de tumeurs induites par des carcinogènes chimiques comme les sarcomes induits par le méthylcholanthrène (MCA) chez la souris.
Ils sont propres à une tumeur donnée d’un individu donné et ne se retrouvent pas sur d’autres tumeurs induites dans la même espèce et dans la même souche par le même carcinogène. Ces antigènes sont peu immunogènes.

c)    Les antigènes oncofoetaux (ou carcinoembryonnaires)
Ce sont des substances normalement présentes chez l’embryon, à un stade donné de son développement, mais absentes chez l’adulte ou n’y persistant qu’à l’état de traces. Leur réapparition dans les tumeurs semble être un phénomène très répandu (voire universel). Parmi les antigènes les plus connus en clinique humaine, on peut citer l’alpha-1 foeto-protéine (a1FP) des cancers primitifs du foie, et l’antigène carcinoembryonnaire (CEA) des tumeurs du colon. Il s’agit d’antigènes de très faible immununogénicité qui ne semblent déclencher que des réactions mineures chez l’hôte.

d)    Les antigènes de différenciation associés aux tumeurs.
La surface cellulaire subit d’importantes modifications au cours de la différenciation, non seulement chez l’embryon,  mais encore chez l’adulte dans tous les tissus. L’existence de ces antigènes a été démontrée dans certaines tumeurs comme par exemple l’antigène TL de certaines leucémies de souris (l’Ag TL est un antigène de différenciation thymique qui disparaît des thymocytes lorsqu’ils sont mis en circulation). C’est le cas, chez l’homme, de l’Ag CD10 (ou CALLA :common acute lymphoblastic leukemia antigen). Cet antigène est exprimé sur les thymocytes et les cellules B de la moelle osseuse mais pas sur les lymphocytes périphériques. L’Ag CD10 est exprimé sur des cellules malignes dans la majorité des leucémies lymphoblastiques.

III. Réactions immunologiques anti-tumorales :

1) Mise en évidence d’une immunité anti-tumorale :

Expérience de Foley en 1953
·       Induction d’une tumeur par le méthylcholanthrène en s/c chez une souris de lignée C3H
·       Production d’un fibrosarcome entretenu par passage sur d’autres souris de la même lignée.
·       Ligature de la tumeur à sa base ; la nécrose de la tumeur est observée
·       Réinoculation, 3 semaines après, de la même tumeur à la même souris C3H  chez laquelle on a ligaturé la première tumeur induite par le méthylcholanthrène
·       Pas de développement de tumeur, c’est-à-dire qu’il y a rejet des cellules tumorales ré-inoculées.
·       En utilisant 6 tumeurs chimio-induites différentes, Foley démontre qu’il existe une spécificité anti-tumorale de cette immunité.

Cette immunité est liée à l’existence d’antigènes à la surface des cellules tumorales (TSTA). Cette immunité est transférable d’un animal à un autre. Le transfert des anticorps est d’une efficacité modeste. Par contre le transfert passif de l’immunité anti-tumorale par des lymphocytes à un receveur tolérant peut entraîner des protections efficaces contre la greffe ultérieure d’une tumeur de même antigénicité.

2) Immunité humorale anti-tumorale :

a)    Cas des tumeurs expérimentales :
Chez le porteur de tumeur expérimentale, des anticorps cytotoxiques en présence de complément sont mis en évidence in-vitro . Ces anticorps pourraient jouer un rôle in-vivo, dans la destruction des cellules tumorales. Beaucoup plus souvent encore, ce sont des anticorps qui ne fixent pas le complément et donc sont dépourvus d’action cytotoxique in-vitro, qui sont mis en évidence. Cette deuxième catégorie d’anticorps peut intervenir in-vivo par ses effets d’opsonines ou en faisant intervenir les cellules K.
Enfin, ces anticorps pourraient être nocifs pour l’hôte en bloquant tous les sites cellulaires antigéniques et en empêchant ainsi l’accès à la tumeur des cellules lymphoïdes T effectrices (cytotoxiques).

b)    Cas des tumeurs humaines :
Chez l’homme, des anticorps anti-tumoraux ont été signalés dans de nombreuses tumeurs. Ainsi, on peut mettre en évidence, chez le porteur de lymphome  de Burkitt et de cancer  des fosses nasales postérieures, des anticorps qui existent également dans la population normale,  mais à des taux beaucoup plus élevés chez les malades. Trois types de spécificités peuvent être distingués :
·Ac contre des antigènes intra-cytoplasmiques : anti-VCA (viral capside antigen) et anti-EA (early antigen)
·Ac anti-EBNA (Epstein-Barr nuclear antigen) très caractéristiques des cellules malignes
·Ac anti-MA (membrane antigen) caractéristiques du virion et de la cellule maligne.

c)    Rôle des anticorps dans le rejet
Ce rôle reste difficile à affirmer ; il est encore hypothétique dans le rejet de tumeurs.

3°) Immunité cellulaire anti-tumorale :

a)    Technique de mise en évidence :
·       TTL en présence de cellules tumorales isologues ou autologues
·       MIF par l’antigène tumoral
·       HSR cutanée à l’antigène tumoral
Ces 3 tests ne traduisent  pas nécessairement une réaction de rejet
·       Test de cytotoxicité en microplaque
·       Test de relargage du chrome 51 (CRT : chromium release test) par les cellules tumorales en présence de lymhocytes immuns.
Ces 2 derniers tests explorent les réactions de rejet.

b)    Cellules capables de détruire les cellules tumorales chez le porteur de tumeur :
Il est bien établi actuellement que la réaction à médiation cellulaire est en fait très complexe et met en jeu des effecteurs de nature multiple. L’induction de la réponse immunitaire spécifique nécessite l’activation des lymphocytes Th CD4+
·       des cellules thymodépendantes cytolytiques (CTL) analogues à celles détectées par le CRT
·       des cellules tueuses (killer ou K-cells) agissant par l’intermédiaire d’anticorps (ADCC : antibody dependant cell cytolysis)

4) Immunité naturelle anti-tumorale :
L’existence d’une immunité naturelle anti-tumorale s’appuie sur de nombreux arguments indirects. La prévalence de tumeurs spontanée n’est pas plus élevée chez les souris athymiques (nu/nu) que chez les témoins normaux . L’activation des macrophages par différentes molécules d’origine bactérienne (lipopolysaccharides, lipopeptides, muramyl-dipeptide) peut entraîner une régression tumorale dans différents modèles expérimentaux de tumeurs transplantables.
Trois types de cellules participent à cette immunité naturelle anti-tumorale :
·       les lymphocytes NK sont susceptibles de lyser in-vitro des lignées tumorales ayant une expression faible ou nulle des molécules du CMH
·       les cellules LAK, obtenues par culture de lymphocytes du sang en présence d’IL-2 sont susceptible de lyser in-vitro des cellules dissociées à partir de certaines tumeurs.
·       les macrophages activés in-vitro par des cytokines (IFNg) sont susceptible de lyser in-vitro des cellules tumorales. La spécificité des interactions moléculaires impliquées dans cette réaction cytotoxique est inconnue. Le TNFa produit par les macrophages activés est capable de détruire par apoptose de nombreuses lignées de cellules cancéreuses.
·       les éosinophiles activés par l’IL-5 et différents médiateurs, ont une puissante activité cytotoxique vis-à-vis de tissus normaux et de parasites, qui peut s’étendre aux cellules tumorales.



IV. Schéma général des phénomens d’immunité anti-tumorale IN-VIVO:

On peut proposer le schéma suivant pour expliquer les mécanismes mis en jeu dans le rejet des tumeurs.

1) Reconnaissance des cellules tumorales par des macrophages : et peut-être aussi par les cellules T Il est possible qu’à ce stade, les macrophages puissent détruire de façon non spécifique les cellules tumorales (activité in-vivo ? ?).

2) La reconnaissance de la tumeur : déclenche la réponse immunitaire avec génération de cellules cytolytiques (CRT) qui vont intervenir directement sur la cellule tumorale cible. Ces cellules T cytolytiques sont faciles à mettre en évidence lors des tumeurs expérimentales viro-induites et pourraient jouer un rôle dans l’immuno surveillance.

3) La réaction cytolytique due aux cellules T : est relayée ou  renforcée et complétée par d’autres réactions. La synthèse d’Ac joue alors sans doute un rôle essentiel à ce stade avec cependant 2 possibilités :
·       Ac relativement puissants : protection contre la réapparition de la tumeur quand la réaction T initiale a été efficace,
·       Ac faibles mais encore efficaces grâce au phénomène d’ADCC (K ou macrophage),
·       Réaction macrophagique non spécifique : il existe fréquemment au sein de la tumeur en voie de rejet, des macrophages activés au voisinage des cellules T,

4) Activité cytotoxique anti-tumorale naturelle : on a pu démontrer l’existence de « réactions anti-tumorales non spécifiques chez de nombreux sujets normaux. Cette activité est due à des cellules qui ne sont ni T ni B appelées cellules NK (natural killer). A la différence des CTL, les cellules NK ne sont pas douées de spécificité immunologique. Il semble que les cellules NK n’agissent surtout que sur les cellules tumorales ; l’IFNg stimulerait cette action, tout en protégeant les cellules normales saines. Les cellules NK pourraient, par ce mécanisme, jouer un rôle très efficace dans l’immunosurveillance dirigée contre les cellules malignes et les cellules infectées par des virus.

V. Mécanismes d’échappement des tumeurs au contrôle immunologique :

1) Par absence totale d’antigénicité
·       Les tumeurs viro-induites ou chimio-induites sont rarement dépourvues d’antigénicité. La plupart de ces tumeurs expérimentales portent des Ag qui joueraient un rôle non négligeable dans le rejet. On peut cependant imaginer que certains animaux peuvent avoir une formule génétique qui ne leur permette pas de reconnaître certains antigènes et il est possible que certaines tumeurs soient alors totalement dépourvues d’immunogénicité pour leur hôte.
·       Par contre les tumeurs spontanées ne présentent qu’exceptionnellement des Ag immunogènes chez l’hôte, les Ag de différenciation n’ayant aucune raison d’être reconnus par l’hôte autologue.

2) Par modulation antigénique :
·       Ce phénomène qui semble cependant rarement en cause est observé avec certains antigènes comme l’Ag TL. Ces antigènes disparaissent de la surface de la cellule en présence d’Ac spécifiques et la cellule maligne peut devenir insensible à l’action des Ac sans que sa croissance soit modifiée.

3) Par blocage des réactions immunologiques :
·       Par des Ac qui gênent l’accès des effecteurs cellulaires aux cellules tumorales cibles,
·       Par des complexes Ag-Ac

4) Faiblesse des Ag de tumeurs et retard dans l’apparition des R.I :
            Ils semblent constituer le phénomène le plus fréquemment en cause. Il peut s’agir d’antigènes faibles induisant une R.I. lente et de faible amplitude, ou d’un antigène fort mais avec une R.I. retardée pour des raisons inconnues. Dans les deux cas le résultat final est le même, c’est-à-dire que quand les cellules effectrices seront à un taux suffisant, le nombre de cellules malignes sera beaucoup trop élevé pour que la réaction de rejet soit efficace. Ce mécanisme d’échappement à l’immunosurveillance peut être dû lui-même à plusieurs circonstances :
·       Immunosélection progressive de cellules tumorales de moins en moins immunogéniques,
·       immunodépression  transitoire ou prolongée de l’hôte,
·       développement de cellules tumorales en un lieu inhabituel où elles sont inaccessibles,
·       intervention de facteurs inhibiteurs sécrétés par la cellule tumorale.

VI. Les antigènes des tumeurs humaines :
Initialement ces antigènes ont été mis en évidence par des hétéro-anticorps. Ces antisérums sont difficiles à préparer du fait de la grande difficulté à les rendre spécifiques par différents procédés d’adsorption. Beaucoup d’antigènes ont ainsi été décrit en particulier depuis l’avènement des anticorps monoclonaux.

1) L’alpha-1 foetoprotéine (a-1FP) :
            C’est un antigène oncofoetal découvert par Abeleev chez la souris porteuse d’hépatome (cancer primitif du foie) dans leur sérum. C’est un antigène qui existe aussi dans le sérum de souris foetale, mais qui n’existe pas dans le sérum de souris adulte normale.
C’est un antigène de mobilité alpha. Une protéine similaire a été retrouvée chez d’autres espèces animales porteuses d’hépatome y compris l’homme. C’est une glycoprotéine de PM :72dDa, ressemblant beaucoup à l ‘albumine, et donc difficile à séparer. Elle ne présente pas de réactivité croisée avec l’albumine.
L’a-1FP est le constituant majeur du sérum au début de la gestation. Vers le milieu de la gestation, les taux sont stationnaires alors que l’albumine augmente. Vers la fin de la gestation et à la naissance, elle chute pour disparaître totalement ou ne subsister qu’à l’état de traces. Au stade précoce de la gestation, elle est synthétisée par le sac vitellin, puis par le foie foetal. En cas d’agression hépatique avec régénération, on observe une augmentation du pic des alpha-1 globulines avec réapparition de synthèse d’a-1FP
a)     Rôles physiologiques : Transporteur d’oestrogènes (chat, souris) et des acides gras (rôle se rapprochant de celui de l’albumine), d’immunosuppresseur par induction des lymphocytes Ts
b)     Pathologie : Les méthodes de détection et de dosage de l’a-1F sont nombreuses (immunoprécipitation en gel, ELISA, RIA...)
·       Association avec hépatomes : Afrique (60 % de positifs), Europe (40 %)
·       Tératome malin : cancer du sac vitellin (tumeur embryonnaire)
·       Tyrosinose métabolique de l’enfant avec augmentation de l’a-1FP
L’utilisation de méthodes très sensibles, montre toujours des traces d’a-1FP dans le sérum adulte normal  avec une valeur normale supérieure de 10 mcg/ml. Par ces méthodes, beaucoup de maladies non cancéreuses comme les hépatites, les cirrhoses montrent une augmentation des taux d’a-1FP (200 à 30 mcg/ml) de même que les hépatomes. Mais il faut savoir qu’il peut exister des hépatomes avec taux normaux d’a-1FP.
Dans les tératomes curables, le taux d’a-1FP diminue (il est intéressant dans ce cas de pouvoir doser l’a-1FP).
Le dosage de l’a-1FP dans le liquide amniotique présente un grand intérêt pour le diagnostic prénatal d’anencéphalie ou de spina bifida, où dans certains pays elles auraient une incidence familiale.
                       
2) Antigène carcino-embryonnaire (CEA) :
Cet antigène a été découvert par Gold et Freedman dans des extraits de tumeurs intestinales :  c’est un Ag présent dans les épithélioma glandulaire du tube digestif (estomac, colon, pancréas) et leurs métastases. C’est aussi un Ag présent dans l’intestin foetal, mais absent des muqueuses intestinales normales de l’adulte. Le CEA peut être aussi retrouvé dans la muqueuse colique de sujet non cancéreux.
Il a été également retrouvé au niveau des poumons, des glandes mammaires et de leurs cancers. Cependant, on retrouve beaucoup plus de CEA dans les tumeurs digestives que dans les tumeurs des autres organes. On retrouve également le CEA, en quantité importante dans le kyste de l’ovaire, dans les cancers médullaires de la thyroïde. Ce qui signifie que le CEA n’a pas de spécificité d’organe.
Le CEA est un antigène sécrété. C’est une glycoprotéine très riche en sucre (50 %), d’un PM de 200 kDa, de mobilité électrophorétique dispersée, le plus souvent en bêta.
Par des techniques de dosage très sensibles (RIA, chimiluminescence), son taux est augmenté dans
·       70 - 80 % des cancers du colon
·       80 - 90 % des cancers du pancréas
·       60 - 70 % des cancers de l’estomac,
·          50 % des cancers non digestifs
·       Cirrhoses, pancréatites, bronchites chroniques
·       Sujets normaux fumeurs.
C’est donc un examen dont la valeur diagnostique est nulle, mais dont la valeur pronostique est confirmée.

Hypersensibilité de type IV ( HCA


Hypersensibilité de type IV
(HS RETARDEE - HS A MEDIATION CELLULAIRE)


I. Introduction :
            L’hypersensibilité retardée (HSR) s’oppose aux autres types d’hypersensibilité retardée par deux caractères :
·       l’injection intradermique de l’antigène à un individu sensibilisé entraîne l’apparition d’une réaction locale qui se manifeste entre la 24ème et la 48ème heure,
·       le transfert passif d’un sujet sensibilisé vers un sujet neuf se fait par les cellules mais non par le sérum. Il s’agit d’une HS à médiation cellulaire.
Quatre types d’HSR sont actuellement reconnus. Les trois premiers types, celle de Jones-Mote, l’HS de contact et l’HS de type tuberculinique se manifestent 72 heures après une autre stimulation par l’antigène (Ag). Par contre le 4ème type d’HSR, la réaction granulomateuse ne se développe au contraire qu’après 2 semaines. La situation peut être compliquée par le fait que ces 4 formes d’HSR peuvent, soit se chevaucher, soit se succéder dans le temps à la suite d’une nouvelle stimulation antigénique. C’est pourquoi, les réactions d’HSR observées en pratique ne correspondent pas à une seule catégorie.
             Les différents types d’HSR sont distingués les uns des autres par la nature de la réaction produite par l’application de l’Ag. L’amplitude de la réaction chez l’animal est estimée par l’évaluation de l’épaisseur de la peau au niveau du site de la réaction.
            Le type de réaction qui se manifeste en premier est celle de Jones-Mote dont le maximum se situe à 24h. Les HSR de contact et de type tuberculinique se manifestent 48 à 72h. Après contact avec l’Ag Ces dernières peuvent être suivies d’une réaction plus retardée caractérisée histologiquement par une agrégation et une prolifération de macrophages formant ainsi des granulomes qui peuvent persister des semaines. La réaction granulomateuse est considérée par ses conséquences cliniques comme de loin la plus sérieuse de tous les types d’HSR. Les catégories d’HSR., en dehors de leur temps d’apparition et du degré de la tuméfaction, se différencient également par d’autres caractéristiques.

II. Hypersensibilité de type JONES-MOTE :
            Elle se caractérise par une infiltration sous-épidermique de cellules en majorité des polynucléaires basophiles. C’est ainsi qu’elle est également connue sous le nom d’HS cutané à basophiles. Elle est induite par des antigènes solubles. La réaction cutanée est maximale 24 heures après le contact avec l’Ag. Sa révélation nécessite des quantités importantes d’Ag La réaction disparaît avec l’apparition des Ac. Cette réaction se distingue de l’HSR de type tuberculinique par les critères suivants :
·       La stimulation se fait en présence d’adjuvant incomplet de Freund (AIF). L’utilisation d’adjuvant complet de Freund (ACF) conduit à une réaction de type tuberculinique.
·       L’infiltration cellulaire est riche en basophiles. Peu de basophiles sont rencontrés dans la réaction de type tuberculinique.



REACTION DE TYPE
JONES-MOTE

REACTION DE TYPE TUBERCULINIQUE

Adjuvant

A.I.F
A.C.F.
Infiltrat cellulaire

Basophiles  +++
(peu dégranulés)
Basophiles  ±
Dépôt de fibrine

±
+++


. Une réaction  dite pseudo-tuberculinique, dont le déroulement est plus tardif est observée après sensibilisation avec un antigène comme l’ovalbumine en présence d’A.I.F précédée d’un traitement à la cyclophosphamide. On peut conclure que la réaction de type Jones-Mote est fortement régulée par des lymphocytes sensibles à la cyclophosphamides : les cellules T suppressives.

III. Hypersensibilité de CONTACT :
            Elle est caractérisée cliniquement par l’apparition d’une lésion eczémateuse au niveau du site de contact avec l’allergène 48 heures après. La lésion est caractérisée par une infiltration par les cellules mononucléaires apparaissant à la 6ème - 8ème heure puis atteignant un maximum à 12-15 heures. Puis l’oedème prend place avec la formation de microvésicules. Il faut noter l’absence de neutrophiles. La réaction est accompagnée d’une infiltration par un grand nombre de leucocytes dans le derme.
Il s’agit d’une réaction épidermique où les agents sensibilisants (allergènes) sont des haptènes comme les sels de chrome (ciment), de nickel, de cobalt, de mercure ou certains composés chimiques de petits poids moléculaire (< 1000 Da) comme les acrylates ou des produits entrant dans la composition des gommes et autres caoutchouc, des colles, peintures, pesticides, cosmétiques. Certains médicaments ne sont pas en reste comme certains anti-inflammatoire.
            Ces haptènes pénètrent dans la peau puis se combinent de façon non covalente ou non avec les protéines normales de l’organisme. Le conjugué devient alors sensibilisant. La reconnaissance cellulaire du conjugué est spécifique du couple haptène-carrier. Cette reconnaissance est indépendante de la reconnaissance de la reconnaissance conventionnelle haptène-carrier impliquée dans la production d’Ac.
            L’HSR de contact est une réaction surtout épidermique (contrairement à la réaction tuberculinique qui est plutôt dermique). Les cellules présentant l’Ag sont les cellules de Langerhans : cellules dendritiques exprimant l’Ag CD1 et des Ag du CMH de classe II et pouvant recirculer. Les cellules de Langerhans quittent l’épiderme et passent dans la circulation lymphatique où elles se transforment en cellules voilées. Les voilées transportent l’Ag par les vaisseaux lymphatiques afférents jusqu’au parcortex du ganglion lymphatique régional où elles se transforment en cellules interdigitantes qui vont présenter l’Ag au lyT CD4+ mémoires (lyT CD45RO+) après dégradation du complexe haptène-protéine. Les lyT activés vont synthétiser des cytokines dont l’IL-2 et l’IFNg et vont parallèlement exprimer le récepteur à l’IL-2 qui en interagissant avec la cytokine induit la prolifération des lymphocytes T.
Par ailleurs l’IFNg et le TNFa produits, induisent l’expression des molécules d’adhésion à la surface des cellules endothéliales des capillaires du derme, 24 à 48 heures après l’application de l’Ag.
Les lymphocytes migrent vers le site de la réaction via la lymphe et passent dans l’épiderme grâce à l’intervention des molécules d’adhésion mais également sous l’effet chimiotactique de cytokines en particulier de l’IL-8.
            Les infiltrats dermiques et épidermiques s’accentuent pour atteindre un maximum entre 48 et 72 heures. La plupart des lymphocytes sont de phénotype CD4+, et à un moindre degré CD8+. Au delà de 72 heures, interviennent des macrophages, qui après recrutement, vont atténuer la réaction inflammatoire en synthétisant entre autre de la prostaglandine PGE2 qui inhibe production d’IL-2 et d’IL-1. Ces macrophages attirés sont retenus au site de la réaction inflammatoire grâce au MIF produit par les lyT activés.

IV. Hypersensibilité de type TUBERCULINIQUE :
C’est la forme la plus classique d’HSR. Un sujet contaminé par le bacille de Koch (BK) ou vacciné par le BCG se sensibilise vis à vis des constituants du germe : c’est la phase d’induction de l’HSR qui demande quelques semaines pour s’établir. On peut alors tester l’HSR de la façon suivante (phase d’expression) : un extrait de BK (0,1mg de tuberculine) est injecté par voie intra-dermique ; on observe au point d’injection une réaction d’HSR à la tuberculine. Cette réaction a les caractéristiques suivantes : elle se traduit par un érythème et surtout une induration palpable, associés à des phlyctènes voire à une nécrose centrale si la réaction est très intense ; elle ne se manifeste que 24 heures après l’injection (d’où sa qualification de retardée) pour être au maximum au bout de 48 à 72 heures. C’est ce retard d’apparition après l’injection test qui permet de la distinguer de la réaction d’Arthus. Une biopsie montrerait, à partir de la 12ème heure, une infiltration du derme par des cellules mononuclées (lymphocytes, lymphoblastes et macrophages) sans polynucléaires (du moins après 24 heures). En même temps il y a formation de dépôts importants de fibrine autour des infiltrats périvasculaires  Les ganglions régionaux peuvent être hypertrophiés et présenter une hyperplasie des zones thymodépendantes  (zones paracorticales). Ce type d’HSR peut être induit par de nombreux autres antigènes microbiens mais également non microbiens.
       L’évolution d’une HSR de type tuberculinique vers une réaction granulomateuse dépend de la persistance de l’Ag dans les tissus.

V. Hypersensibilité GRANULOMATEUSE :

Elle est considérée cliniquement comme la forme la plus importante d’HSR. Elle résulte de la présence persistante d’Ag dans les macrophages, souvent des microorganismes que ce dernier est incapable de détruire. Parfois le mécanisme peut être dû à la présence d’immuns complexes comme dans l’alvéolite allergique par exemple. Le processus résulte de la formation de granulome à cellules épithélioïdes.
       Comme pour les agents infectieux, la formation de granulomes immunologiques peut également se produire après sensibilisation au zirconium et dans la sarcoïdose.
       Les granulomes sont également produits à la suite de certains stimuli non antigéniques tel le talc. Ces granulomes non immunologiques se distinguent par l’absence de lymphocytes dans la lésion.

CARACTERISTIQUES IMPORTANTES DES 4 TYPES D’HSR




JONES-MOTE


CONTACT

TUBERCULINE

GRANULOMATEUSE

TEMPS DE REACTION


24 H


48 H



48 H



4 semaines



SIGNES CLINIQUES


Papule



Eczéma



Papule avec Induration locale

Induration de la peau



HISTOLOGIE




Basophiles
Lymphocytes
Cel. Mononucl


Cel. Mononucl.
Oedème




Cel. Mononucl.
Lymphocytes
Peu de Mj / Mo


Cel. épithélioïdes
Cel. géantes,
Macrophages
Fibrose, nécrose

ANTIGENE


Ag par voie I.D.

Ag par voie épidermique


Ag par voie I.D

Ag persistant
Ag ou Ag-Ac dans macrophages

Mj / Mo : macrophage/monocyte

L’HS granulomateuse est marquée par la présence de   cellules  caractéristiques  que sont  les cellules épithélioïdes : grandes cellules aplaties avec un réticulum endoplasmique développé. L’origine de ces cellules  n’est pas bien connue. On pense qu’elles dérivent du macrophage. Il faut également noter la présence de cellules multinucléées géantes (Langhans cells), suite à la fusion de cellules épithélioïdes. Ces cellules géantes ont un réticulum endoplasmique peu développé ainsi que des mitochondries et des lysosomes en voie de dégénérescence. Pour ces raisons on pense que ces cellules constitueraient une étape terminale de différenciation des monocytes-macrophages. La zone centrale de la réaction devient un foyer nécrotique qui sera envahi par la fibrose.

VI. Réactions cellulaires dans L’HSR :

            Les réactions d’HSR sont initiées plutôt par les cellules que par les Ac. Landsteiner et Chase ont montré en 1942 que la réaction d’HSR est transférée à un individu non sensibilisé par les lymphocytes. La démonstration du rôle des lyT dans la réaction tuberculinique est représentée dans la figure ci-après. De façon analogue, les lyT sont responsables dans l’initiation des autres types d’HSR. Les lymphocytes interagissent avec le macrophage par l’intermédiaire des lymphokines.
Le rôle le plus important de ces lymphokines est d’activer les macrophages et de les attirer vers le site réactionnel pour amplifier la réponse locale. Ce rôle des lymphokines est plus étendu encore.
Un des tests utilisés pour tester la réactivité des cellules T vis à vis d’un Ag consiste à mesurer la production du MIF (macrophage migration inhibition factor).
Un autre test consiste à mesurer la transformation lymphocytaire (T.T.L.) : les lymphocytes T sensibilisés mis en présence de l’Ag répondent par une transformation lymphoblastique. Cette trtansformation lymphoblastique est accompagnée d’une synthèse de DNA. Cette synthèse de DNA est mesurée par le taux de thymidine tritiée incorporée (voir figure).

VII. Réactions de défense et maladies en rapporte avec L’HSR :
            Les mécanismes d’immunité à médiation cellulaire accompagnent probablement toutes les infections mais ne se manifestent nettement que dans les infections chroniques (tuberculose, lèpre, listériose...)
La nature des réactions immunologiques dépend non seulement de la localisation de l’Ag mais aussi de sa nature :
·       Dans les infections à germes pyogènes : streptocoques, staphylocoques, pneumocoques, méningocoques, hemophilus influenzae. Prédominance des mécanismes de défense humorale. Ceci est prouvé par l’effondrement de la résistance à ces germes dans les carences immunitaires relevant des lymphocytes B et des immunoglobulines. Carences observées physiologiquement chez le bébé entre3 et 6 mois après la naissance.
·       Dans le cas d’infections avec libération d’exotoxines : diphtérie, tétanos, botulisme. Le rôle des Ac est prédominant. Formation d’immuns complexes toxiques rapidement éliminés par phagocytose.
·       Dans les infections à germes Gram négatif intracellulaires, à bacille de Koch, à bacille de Hansen, infections à virus, dans les mycoses (surtout candidoses), dans les infestations parasitaires (helminthes, protozoaires) : les mécanismes d’immunité sont à médiation cellulaire. Les arguments sont fournis par les images histologiques, par les réactions aux immunosuppresseurs et par les carences immunitaires avec insuffisance thymique.
¨     Dans les infectiobns virales ou après vaccination à base de virus inactivés :
                        La stimulation des lyT provoque en plus la libération d’interféron. Dans les viroses, les 2 mécanismes immunologiques, immunité humorale et immunité cellulaire interviennent. Les mécanismes immunitaires antiviraux semblent surtout liés à la défense cellulaire. Les IgA sécrétoires agiraient contre les virus infectant les muqueuses respiratoires, gastro-intestinaless et uro-génitales. Elles apparaissent tant après infection virale qu’après vaccination avec un virus atténué (vaccin anti-polio buvable par exemple) ; les IgM apparaissent dans certaines viroses (mononucléose infectieuse par exemple)

¨     Dans les mycoses : il existe également des mécanismes humoraux et des mécanismes cellulaires. Ces derniers semblent prédominer. Dans certains cas, il y a formation de granulomes.
Les mycoses les plus courantes sont provoquées par Candida albicans, Aspergillus fumigatus, coccidies, tricophytes et épidermophytes. Ces infections sont favorisées par l’antibiothérapie, les maladies lymphoprolifératives, par l’absence d’immunité à médiation cellulaire et par les immunosuppresseurs.

¨     Infections par les parasites et les helminthes : l’inefficacité fréquente de la réponse immunologique est attribuée à :
*      La possession par le parasite d’Ag d’hôte
*      L’existence d’Ag solubles circulants bloquant les Ac
*      La variation antigénique continue lors des phases du cycle de développement
Pour les protozoaires : amibes, Plasmodium, Trypanosomes, Giardia, Toxoplasmes : il y a généralement une réaction de type humorallorsque le parasite se trouve dans le sang et une réaction de type cellulaire lorsqu’il est présent dans les cellules.
Pour les métazoaires : Ascaris, Taenia, Douve, Trichinelle : on trouve simultanément des réactions humorales et cellulaires. Des granulomes peuvent se former. Dans les infestations à helminthes, on trouve untaux élevé d’IgE ainsi qu’une éosinophilie. Ce fait explique que dans certains cas la parasitose s’acompagne d’asthme, de prurit, d’urticaire.